Une institutrice retraitée de Valergues réagit à l'abattage des arbres de la cour de l'école

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Lors de l'abattage (Photo Eloi Martinez)

Lors de l'abattage (Photo Eloi Martinez)

Nous publions un courrier de Claudine Pomarède Souche adressé à Monsieur Fabrice Pecqueur adjoint au Maire et aux membres de la commission environnement suite à l'abattage des arbres de la cour de l'école. Cette institutrice retraitée a enseigné dans cette école pendant 17 ans et elle fait part de se désolation et de sa tristesse de voir les arbres de cette cour d'école abbatus. Elle a souhaité que le Journal de Valergues publie ce courrier sans réponse à ce jour. Fidèle à notre engagement citoyen nous publions donc cette réaction fort compréhensible de Claudine Pomarède Souche. Bien évidemment le Journal de Valergues publieras la réponse de la municipalité si celle-ci en fait la demande et si jamais elle en fait une.

Eloi Martinez

Claudine Pomarède Souche, institutrice retraitée  (17 ans à l’école primaire)

                        A Monsieur Pecqueur et aux membres de la commission environnement.

Objet : abattage des arbres de l’école.

                                                                                   Valergues, le 1° juillet 2022

Je viens de découvrir avec désolation le triste spectacle de la cour de l’école, le massacre absurde, injustifiable, de la totalité des arbres qui offraient aux enfants leur ombre si bienvenue en cette période de grande chaleur.

Apparemment, personne, enseignants, parents, élus, ne les a défendus, ou n’a été écouté, ou consulté ??? Cela m’est incompréhensible…

J’ai souvenir de la cour de mes débuts, il y a trente ans : abricotier, rosiers, sublimes glycines accrochées à la façade, et mûriers platanes. Ceux-ci ont été coupés, on les disait malades, et remplacés par de jeunes mélias.

Nous n’avions alors qu’un arbre d’ombrage, bien malingre,  le petit marronnier, et toute l’école, maîtres et enfants, se regroupait par temps chaud dans le rond bien insuffisant de son ombre. Puis les mélias ont grandi et, partie à la retraite, je voyais avec plaisir les occupants de la cour à l’abri du soleil.

Quand j’ai vu sur le bulletin municipal ce projet longtemps évoqué de supprimer le goudron, je me suis réjouie : finis le sol brûlant, l’imperméabilisation du pied des arbres. Je croyais que l’on allait améliorer l’existant, que le but du projet était de favoriser le confort thermique de la cour.

Il y avait déjà tous ces arbres, beaux, sains, ne risquant pas de fissurer les murs et dispensant ombre et fraîcheur.

On a choisi de considérer la cour comme un désert, et les arbres comme du mobilier urbain, devenu inutile, alors qu’ils sont bien autre chose…

Et comme partout, on a commencé par tout couper, ce sera remplacé par de la technologie et de jolies petites plantes qui arriveront peut être dans 20 ans à devenir équivalentes à ce qui a été détruit.

 Nous allons vers des temps difficiles et il n’est pas dit que les arbres pousseront aussi facilement qu’avant, ceux qui sont là ont une grande valeur.

Durant ces dernières années, dans mon quartier, des dizaines d’arbres adultes ont été abattus, cyprès, mélias, pins, cèdre, figuier, amandiers, qui abritaient oiseaux et écureuils. On ne peut pas revendiquer les nombreux arbrisseaux plantés, dont une bonne proportion va mourir de sécheresse, comme équivalents, même si c’est une louable pratique qui  prépare l’avenir.

L’adaptation climatique est vraiment mal partie et c’est triste pour nos enfants.

Je suis profondément désolée.

Veuillez recevoir mes salutations attristées.

 

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