Mon hommage à Juan Antonio Baldo et à tous les espagnols d'ici

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Le décès de Juan Antonio Baldo, que beaucoup à Valergues appelaient affectueusement Juanito, me donne l’occasion de rendre hommage à tous ces espagnols qui ont immigré depuis le début du 20ème siècle en France et plus particulièrement en 1939, quand Franco renversait la République espagnole, comme ce fut le cas pour mes parents, et plus tard dans les années cinquante et soixante lorsque le régime franquiste affamait l’Espagne.

Ces espagnols furent largement exploités dans notre région, ils contribuèrent notamment après la seconde guerre mondiale à rebâtir le pays « France » qui est devenu le leur. Pour certains ils ont contribué à le libérer et même si souvent leurs enfants subissaient dans les cours d’école les quolibets et injures des petits français, bien propres sur eux, issus de familles qui exploitaient ces mêmes espagnols, ceux-ci n’étaient pas rancuniers, ils voulaient que leurs enfants s’intègrent dans ce pays qui les avait accueillis.

Alors, ne voyez pas dans ce billet une quelconque amertume, non, juste une piqûre de rappel pour celles et ceux qui jettent l’anathème sur l’étranger sans essayer de comprendre ce qu’il fait ici.

Je ne connais pas l’histoire personnelle de Juanito, natif de Campello près d’Alicante, non, mais ce que je sais c’est que l’on ne quitte jamais son pays de plein gré.

A Valergues, ils étaient nombreux ces espagnols, comme dans tous les villages de l’Hérault, qui ont fait la prospérité de nombreux viticulteurs et de leur village, qui ont bâti de nombreuses maisons pour les autres, certains sont encore là, leurs familles s’y sont installées, leurs descendants ne connaissent pas toujours leur histoire car la souffrance on n’a pas toujours envie de la transmettre…

Je ne suis pas né dans cette région mais Je fais partie des enfants de ces espagnols jetés de leur pays d’origine. Je suis fier de nos parents qui ont su s’intégrer ici et ailleurs, peuple travailleur, fier et solidaire. Juanito était l’un d’eux. Adios amigo !

Eloi Martinez

 

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