Petite histoire des élections municipales à Valergues depuis 1983 (2)

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Les élections municipales de 1989 coïncidaient avec le bicentenaire de la Révolution Française

Les élections municipales de 1989 coïncidaient avec le bicentenaire de la Révolution Française

1989 bicentenaire de la révolution française

et élections municipales

C’est dans le contexte de ce bicentenaire de la révolution française que va se dérouler la campagne des élections municipales de 1989.

La majorité du conseil municipal sortant ayant désavoué le Maire (voir article précédent), la liste qui se présente alors est conduite par Jean Rieusset, personnalité valerguoise très connue et appréciée. De son côté le maire sortant, Maurice Munsch, constituera une liste dans laquelle on retrouvera Jean-Louis Bouscarain.

Pour ma part souhaitant qu’une opposition soit présente au conseil municipal, je constitue une liste incomplète "Vivre mieux à Valergues" (le système du panachage le permettait). Nous plaçons  notre campagne sous le signe de la révolution française et notre logo sera l'arbre de la liberté. Nous n’aurons malheureusement aucun représentant au conseil municipal.

Jean Rieusset remportait l’élection et se retrouvait au conseil municipal avec trois membres de la liste de Maurice Munsch à savoir : Jean-Louis Bouscarain, Yvette Boisset et Alain Brugger. Ces trois conseillers étaient donc considérés comme opposants.

Ce mandat qui commençait allait être particulièrement important, puisque c’est dans cette période de 1989 à 1995 que la commune sera confrontée au tracé de la future ligne TGV et aux problèmes que cela a généré pour sa zone économique. C’est aussi dans cette période qu’avec quelques autres valerguois nous décidons de monter une association pour défendre l’environnement du village, dans la perspective de la construction de la ligne TGV, cette association aura pour nom Valergues Intérêts Environnement (VIE).

1989 - 1995 les années difficiles pour Valergues: tracé TGV et le gouffre financier de la zone économique

En 1990 le tracé de la future ligne TGV est connu, les mairies concernées ont entre les mains les différentes variantes proposées. L’une d’elles, celle qui sera finalement retenue, traverse de part en part la future zone d’activité pour laquelle le Préfet de l’époque avait signé la déclaration d’utilité publique (DUP). Le Préfet signait cette DUP en sachant qu’un des tracés projetés traversait la zone. Autrement dit cette zone risquait fort de ne jamais voir le jour si le tracé était retenu.

Malgré cela, la société d’aménagement du département de l’Hérault (SADH) qui dépendait du conseil général, lançait des études pour la réalisation de la zone économique, la mairie de Valergues ayant confié le soin de l’aménager à cette société.

La SADH alors en difficultés financières mais déjà renflouée par le conseil général, contracte un prêt au Crédit Agricole pour pouvoir poursuivre l’étude de cette zone et demande à la commune de Valergues de garantir ce prêt à hauteur de 80%. Ce qui fut fait par délibération du conseil municipal.

Quelques temps plus tard la SADH dépose le bilan et la commune se trouve dans l’obligation de rembourser le prêt à hauteur des 80%. Une belle arnaque que les élus naïvement n'ont pas vu venir et dont la commune a fait les frais à l'époque et qui pèsera lourd longtemps sur les finances de la commune.

Avec quelques valerguois nous créons alors l’association Valergues Intérêts Environnement (VIE) et dénonçons à plusieurs reprises la mise à mort de la zone économique et la passivité des élus face à cet état de fait.

Par ailleurs VIE militait pour une variante du tracé TGV qui épargne la zone économique, malgré de nombreuses pétitions et manifestations nous n’avons pas été entendus, pire nous étions dénigrés et soupçonnés de mener ce combat pour des raisons politiques. Nous étions accusés d’être contre le progrès.

Côté municipalité, c’était la fatalité et l’argument principal était « on ne peut rien faire c’est le combat du pot de terre contre le pot de fer ». Finalement le projet de tracé TGV sera mis entre parenthèse pendant plusieurs années pour des questions de financement mais notre zone économique du même coup fut gelée jusqu’aux années 2000. Ce fut un manque à gagner énorme pour la commune sans compter la perte de territoire puisque pour rembourser le crédit agricole la commune s'est vue contrainte de vendre un terrain à la SNCF.

C’est dans ce contexte que nous arrivons aux élections municipales de 1995. Trois listes sont en présence : celle de Daniel Rieusset, son père Jean ne se représentait pas, celle de Jean-Louis Bouscarain et celle que je conduisais.

C’est la liste de Daniel Rieusset qui l’emportera au panachage sauf un siège pour notre liste, j’étais donc élu au deuxième tour avec environ 60% des suffrages exprimés. Je me retrouvais ainsi seul dans l’opposition entre 1995 et 2001.

Eloi Martinez

Prochain article 1995 - 2001 le référendum et la naissance de la salle des rencontres

Publié dans Histoire locale, Elections

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