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Association des parents d'élèves 

 

 

Valergues dans les années 80

Valergues dans les années 80

1983: quand les nouveaux valerguois.e.s

mettaient Jean-Louis Bouscarain en tête de liste...

Depuis les municipales de 1983, j’ai constitué des listes à chaque élection soit : 1983, 1989, 1995, 2001, 2008, 2014. Je rends d'ailleurs hommage à tous mes colistiers (plusieurs dizaines sur six élections) qui m’ont fait confiance et accompagné lors de toutes ces campagnes. J’ai été élu trois fois dont deux par le système du panachage. Peut-être serez-vous intéressés par cette petite histoire des élections à Valergues sur près de 40 ans. Je vous propose de vous la relater régulièrement.

J’ai débarqué à Valergues avec ma petite famille, en provenance de la région parisienne, en novembre 1980, il y a donc exactement quarante ans. Mes enfants alors tout petits, ont été scolarisés à l’école Marcel Pagnol dont le directeur était André Ausset.

Le village comptait un peu plus de 500 habitants et nous étions quelques familles nouvelles arrivées d’autres régions, peut-être un peu moins de 10 familles.

La municipalité en place avait été élue en 1977. Le Maire était Maurice Munsch d’origine alsacienne et retraité de l’Institut Français du pétrole.

Nous avions du mal à nous faire entendre par la municipalité de l’époque et notamment sur les questions touchant à l’école. Une de nos revendications principales était le restaurant scolaire.

Il a été finalement réalisé quelques années plus tard grâce à l’action que nous avons mené sans relâche.

En 1983, je décide donc avec quelques amis de constituer une liste pour les élections municipales. Principalement constituée de nouveaux habitants mais nous cherchions à mettre en tête de liste un Valerguois de « souche ».

Des amis nous conseillèrent de contacter Jean-Louis Bouscarain. Rappelons qu’en 1983, François Mitterrand était Président de la République depuis 1981. Notre liste était étiquetée à gauche très clairement, chose totalement nouvelle à Valergues. Jean-Louis Bouscarain, lui ne cachait pas ses sympathies pour les royalistes mais nous disait-il « je suis un royaliste de gauche » et finalement pourquoi pas, puisque Mitterrand à sa façon était aussi un monarque. D’ailleurs c’est le cas de tous les présidents de la 5ème, la constitution de 1958 permet en effet une sorte de monarchie présidentielle. On le voit encore aujourd’hui…

Après quelques hésitations, je ne voyais pas trop d’un bon œil une tête de liste à sensibilité royaliste, nous finissions par placer Jean-Louis Bouscarain en tête de liste. Quelques-uns de ses amis lui en ont d’ailleurs voulu à tel point qu’il fut interpellé en réunion publique, de façon très discourtoise par un ami d’enfance et que des inscriptions injurieuses à son encontre furent peintes sur les murs d’enceinte de l’école (je ne peux les retranscrire).

Je comprenais alors que les choses dans ce village n’étaient pas aussi simples qu’on pouvait le penser. Les influences familiales et certains clans ne toléraient pas une quelconque volonté de changement, ce n’était pas le cas de toutes les familles valerguoises qui dans leur majorité nous acceptaient très bien. Certains intérêts prenaient malgré tout le dessus, je l’ai compris plus tard.

Je devais en faire l’expérience à mes dépens. Un soir, quelques semaines avant les élections nous rendions publique notre liste par une distribution de tracts dans les boîtes aux lettres.

Le lendemain matin je retrouvais mon véhicule avec deux pneus crevés à coups de couteaux.

Loin de nous décourager nous avons décuplé d’efforts pour convaincre les valerguois. Malgré le fait que notre liste était composée de 80% d’habitants nouveaux à Valergues celle-ci recueillait en moyenne 45% des suffrages ce qui n’était pas négligeable.

1983 - 1989 Valergues prépare sa mutation

La municipalité conduite par Maurice Munsch va entre 1983 et 1989 préparer une profonde mutation pour notre village. Déjà les quelques agriculteurs, principalement viticulteurs, se préparent à la retraite. Pour beaucoup d'entre eux, il n'y a pas la relève et de plus la viticulture traverse une crise profonde et la tendance est à l'arrachage.

L'Europe versant des primes pour arracher vignes et arbres fruitiers, la tentation est forte et cela devient une aubaine pour certains. De plus avec l'élaboration du Plan d'occupation des sols qui succède à la carte communale, certains vont voir leurs terrains agricoles passer en zone constructible. Les premiers lotissements sortiront de terre.

La municipalité projette pendant ce mandat, une zone d'activité économique "Les Jasses" et une zone d'aménagement concertée dite ZAC du Château avec environ 130 lots constructibles. C'est le promoteur Malaval qui procédera à l'aménagement de cette ZAC sur le terrain acheté à madame Mas la propriétaire du Château. Une bonne affaire pour ce promoteur qui ne fera pas de cadeaux à la commune en récupérant des espaces publics dont il avait l'obligation pour augmenter le nombre de lots.

La création de cette ZAC va permettre malgré tout dans les années 90 de mettre en place le réseau de tout à l'égout dans le village.

A quelques mois des élections municipales de 1989 le maire, Maurice Munsch, est mis en minorité par l'ensemble son équipe sous un prétexte douteux. Ses colistiers lançaient alors la campagne des municipales en plaçant en tête de liste le charismatique Jean Rieusset.

Aux élections de 1989 Maurice Munsch sera battu mais par le sysytème du panachahge trois membres de sa liste seront élus dans l'opposition de Jean Rieusset : Jean-Louis Bouscarain, Alain Brugger et Yvette Boisset.

Eloi Martinez

Prochain article: 1989 bicentenaire de la révolution française et élections municipales

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