Les éditorialistes de Midi Libre se lâchent contre le mouvement social

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Humeur du jour

Depuis quelques jours la direction de la rédaction de Midi Libre et la rédaction en chef s’en donnent à cœur joie en dénonçant " les actions violentes ou opérations coups de poing » de celles et ceux qui seraient les derniers à vouloir se rendre, face à un gouvernement qui aurait multiplié les signes d’ouverture ou d’une CFDT largement plus conciliante que la CGT.

Je cite le billet du directeur de la rédaction Olivier Biscaye dans l’édition du 19 janvier « Emmanuel et Brigitte Macron exfiltrés d’un théâtre sous les huées ; le siège de la CFDT envahi par des activistes ; le plateau de l’émission Les grandes gueules interrompue à Béziers par des grévistes, les vœux du candidat LREM perturbés et contraints d’être annulés (…) En privilégiant la stratégie de la violence, vous portez un coup mortel à l’essence même de la démocratie … » mazette il y va fort Olivier Biscaye.

Le lendemain, édition du 20 janvier, c’est au tour de Yann Marec, rédacteur en chef, d’y aller de son couplet pour "modérer" les écrits de son patron la veille «Si la radicalité est un nouveau mode d’action que l’on subit chaque semaine, elle ne doit pas nous exonérer d’être vigilants. Dans cette radicalité, on veut bien sûr parler des actions violentes. Si, ici, il ne saurait être question de les excuser, peut-on tenter de les comprendre ou au moins de les analyser ? Ce besoin de s’exprimer avec la force montre bien que notre société ne tourne pas rond… » la société ne tourne pas rond ? quel scoop monsieur Marec ! Et découvrant la lune le rédacteur en chef conclu son édito ainsi « Une partie de cette révolte nous le dit, elle doit être analysée par le pouvoir. Sans quoi, la réflexion laissera place à l’irresponsabilité et l’intelligence brûlera face à l’irrationnel. Le danger sera bien pire. » Re mazette !

Mais ce n’est pas fini, Yann Marec remet le couvert le lendemain dans un autre édito « La CGT aurait-elle perdu le contrôle du mouvement de contestation ? (…) Philippe Martinez tente des barouds d’honneur. Ici c’est une intrusion dans un syndicat, là, c’est un blocage du bac et là-bas, c’est un appel à une coupure généralisée de l’électricité à l’Elysée… » et inspiré, le rédacteur en chef de Midi Libre poursuit « … Alors que le moteur France redémarre doucement, la CGT continue de barrer la route à ceux qui veulent reprendre le travail. Pourquoi ? » interroge-t-il, et la réponse qu’il fait à sa propre question fuse comme un missile empli de venin « parce que le mouvement en perte de vitesse se radicalise : seuls les plus extrémistes vont se mettre en travers des règles démocratiques. Car pour eux, il n’y a qu’un seul objectif : le grand soir. »

Et comme si ça ne suffisait pas dans cette attaque en règle contre le mouvement social, un rédacteur en chef adjoint en rajoute aujourd’hui 23 janvier dans son édito « La guerre d’usure tourne au vinaigre. D’Orly à Marseille, de Rungis à Vaujany, il ne se passe plus un jour sans que les opposants à la réforme des retraites mènent des opérations commandos. Des actions coups de poing qui confirment, si besoin, le climat délétère entre les grévistes et le gouvernement Si une majorité de français reste opposée au projet d’Edouard Philippe, cette stratégie jusqu’au-boutiste est totalement contre-productive. Comme pour les gilets jaunes, elle va montrer ses limites et se retourner contre les plus radicaux. Philippe Martinez risque alors d’apprendre, à ses dépens, que la violence n’a jamais eu le dernier mot dans une démocratie. » Fermez le ban.

Rendez-vous demain 24 janvier pour cette nouvelle grande journée d’action et de manifestations dans tout le pays, avec une multitude d’actions diversifiées, avec de nombreux salariés d’une grande diversité en lutte contre le projet de réforme des retraites, aux antipodes des caricatures et attaques des éditorialistes de Midi Libre. Souhaitons que l’édito du 25 janvier soit conforme à la réalité du mouvement social… Pour une fois.

Eloi Martinez

 

 

 

 

 

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