La colère de Daniel Rieusset à l'encontre de Fabrice Pecqueur et de Jean-Louis Bouscarain

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L'ancien maire reste dans le flou sur sa possible candidature mais entre de plain-pied dans la campagne

L'ancien maire reste dans le flou sur sa possible candidature mais entre de plain-pied dans la campagne

Daniel Rieusset, ancien maire de 1995 à 2001, puis conseiller municipal de 2001 à 2008 après avoir cédé son poste de maire à Jean-Louis Bouscarain au grand dam de ses électeurs, souhaite s'exprimer sur certains thèmes pendant cette campagne électorale. Notre journal est ouvert à toutes les contributions c'est pourquoi nous publions cet entretien.

Aujourd'hui, Daniel Rieusset laisse planer le doute sur sa possible candidature au municipales, "tout est possible d'ici le 27 février date de dépôt des listes" nous dit-il. Celui-ci d'ores et déjà entend peser sur le débat. 

Le Journal de Valergues publieras tous les points de vues, si on nous le demande, comme nous le faisons aujourd'hui dans le cadre du débat démocratique qui s'impose dans ces élections, et que le Journal de Valergues souhaite retranscrire et pourquoi pas animer. Vos contributions et vos commentaires seront les bienvenus. Les électrices et électeurs ont droit à l'information, à toute l'information pour pouvoir se prononcer le moment venu en connaissance de cause.

En fin d'entretien Daniel Rieusset revient pour la première fois en forme de mea-culpa sur son attitude en 2001 lorsqu'il laissa la place de maire à Jean-Louis Bouscarain: 

"Ce que je ne veux surtout pas c'est que Jean-Louis Bousacarain fasse aux valerguois le coup que je leur ai fait. Si Fabrice Pecqueur veut être maire qu'il aille au devant des électeurs, on le voit trop venir."

Très remonté, l'ancien maire, ne décolère pas suite à l'abattage d'arbres dans le bois de Valergues près de la RN113 (voir photo). Il met en cause très directement le Maire et un de ses adjoints en charge de l’environnement. 

 

Le Journal de Valergues

Quelles sont les raisons de votre colère aujourd'hui contre la municipalité et plus particulièrement contre Jean-Louis Bouscarain et son adjoint Fabrice Pecqueur?

Daniel Rieusset

Ces arbres ont été plantés sous le mandat de mon père, sur un terrain de mon grand père par une entreprise et les enfants de l'école de Valergues. Ça avait été un acte citoyen magnifique. Là, je constate que la mairie abat des arbres sous le prétexte qu'ils sont plantés trop serrés or, dans la nature, la densité des arbres est bien souvent supérieure, de quel droit eux décident que la densité est trop forte.  Il y avait dans cette forêt une symbolique extrêmement forte. Abattre les arbre, ça montre, ça résume, ça met en exergue la politique de "l'arbre" qu'a menée cette municipalité depuis 18 ans. Il y a eu aussi la gestion du dossier de la ligne LGV, on nous enlève plus de 5000 arbres et on nous replante n'importe quoi et en plus de ça on a obtenu zéro compensation. Les bras m'en tombent! On nous coupe des arbres centenaires et on nous met des scions de l'année.

Le JDV 

Tout le monde aime les arbres, qu'est-ce qui peut motiver ce genre d'action?

D.R.

Je pense qu'ils ont suivi l'avis de forestiers, or en sylviculture ce qui a été fait s'appelle une coupe claire, cette coupe là permet à des arbres qui ont été remarqués de s'exprimer et de devenir des arbres nobles pour l’ébénisterie ou autre...  Il s'agit là de sylviculture. A Valergues nous ne faisons pas de la sylviculture. On a simplement planté des arbres et on a appliqué des règles de production à une forêt symbolique, on est rentré dans un sanctuaire et on a coupé des arbres bêtement, c'est la plus grande des bêtises de la part de l'adjoint au maire Fabrice Pecqueur.

Autre élément concernant l'arbre avec cette municipalité, je vais parler du parc Léone Mas. Lorsque j'étais maire nous avons révisé le POS, dans l'incertitude d'avoir les moyens d'acheter le château nous coupons le parc en deux, la deuxième partie nous sommes certains qu'elle n'échappera pas à la mairie puisqu'on ne peut strictement rien y faire. Tout se passe comme nous l'avions prévu, la pomme tombe comme un fruit mûr qui d'ailleurs aurait pu être négocié pour l'euro symbolique puisqu'on ne peut strictement rien y faire. Déjà c'est une erreur c'est payé extrêmement trop cher.

Le pire ensuite c'est qu'ils ferment le parc. Moi j'ai été malade et c'est auprès des arbres que je suis allé chercher de l'énergie, je ne dis pas qu'ils m'ont guéri mais je suis certain qu'ils m'ont aidé. Dans ce parc il y a des chênes dont l'énergie pourrait faire du bien à beaucoup de nos concitoyens. Pour aller de la rue des olivettes aux écoles, traverser le parc pourrait se faire en toute sécurité et en pleine nature en observant les écureuils; des personnes âgées pourraient se promener dans le parc tranquillement, ce parc pourrait être géré. Si j'avais été maire les projets que nous avions étaient notamment de faire gérer le parc par une association de potager, car là où se font les fêtes c'était le potager du château, la noria et les conduites le prouvent. Il y avait beaucoup d'idées, comme par exemple mettre en scène de l'art contemporain dans la nature, on pouvait organiser des concerts, on pouvait faire plein de choses, mais surtout on l'ouvrait tous les jours. Cette mairie a peur de tout.

Le JDV

Concrètement si vous étiez de nouveau maire que feriez-vous dans le domaine des arbres?

D.R.

Il y a une zone qui est très bien identifiée elle est ceinturée par la ligne TGV et la nationale, ça fait un triangle, de ce triangle j'en ferais un sanctuaire exactement là où ils ont coupé les arbres. Pas de coupes, gestion très fine de l'écosystème, gestion de la garrigue, cet endroit là j'en ferais vraiment un sanctuaire. Un arbre tombe on le laisse, on laisse faire et on observe, bien entendu on rétablit les chemins s'il le faut, si un arbre se met en travers en tombant. L'empreinte de l'homme doit être la plus faible possible. Dans cet écosystème on peu intégrer la vigne d'une viticultrice valerguoise et en faire le vin de valergues. Cette vigne est très bien placée, c'est un très beau tènement.

Concernant le haut de la garrigue, j'interdirais totalement aux forestiers de venir avec une épareuse (faucheuse, débroussailleuse n.d.l.r.) cet outil qui ne différencie strictement rien, et je ferais gérer la garrigue par des troupeaux de moutons. On créerait des sentiers, on sait faire. Paradoxalement, le nord de la garrigue a été traité par l'épareuse et le bois du Mas de Baron a été traité par des petits sentiers et c'est extrêmement agréable. Je rétablirais les journées Gérard Royer avec la participation de la population pour le nettoyage de la garrigue. L'ensemble de la population nettoierait son territoire, reconnaîtrait celui-ci et à l'issue de la journée on planterait des arbres.  

Le JDV

Pour revenir au début de notre entretien pourquoi vous en prenez-vous à Fabrice Pecqueur sur la politique de l'arbre aujourd'hui à Valergues?

D.R.

Cet adjoint a fermé le parc Léone Mas, il a enfermé les arbres, il les emprisonne, quel est le village qui emprisonne ses arbres? Un parc public doit être ouvert au public par définition. La réhabilitation et les travaux sur la rivière à partir du pont des olivettes jusqu'à la voie ferrée, quel scandale! là c'est le paysagiste qui vous parle. On ne sait même pas si le chantier a commencé, s'il est fini, on ne sait rien du tout. On a touché au lit d'une rivière, le lit d'une rivière ça devrait être sacré, ça doit se respecter à fond. ils ont prétexté de préserver l'anémone étoilée et précisément étant enfants on les cueillait là, à côté du grand frêne. Ils sont passés avec la mini pelle ils ont tout enlevé, faire des bosquets ça ne veut rien dire, ce n'est pas avenant pour le public. Ils ont cassé l'idée de la ceinture verte. Pour conclure sur cette politique de l'arbre et c'est presque ce qui résume tout je veux parler de l'olivier du giratoire Gérard Royer que pendant 18 ans ils ont regardé béatement crever et la dernière idée, puisque cet olivier est désormais mort, c'était d'en faire une sculpture. Ils n'ont même pas été capable de le faire alors que cette proposition que j'avais faite avez été retenue. Au lieu de ça Ils ont planté quatre chèvrefeuilles pour le cacher.

Le JDV

Pourquoi stigmatisez-vous ainsi monsieur Pecqueur, adjoint au maire? Après tout il n'est pas seul responsable ?

D.R.

Le grand danger c'est que ce monsieur se veut le fils spirituel de Jean-Louis Bouscarain. L'autre jour il m'a dit "si Jean-Louis s'en va je m'en vais"... On est dans une dérive monarchiste. Jean-Louis Bouscarain a déjà mis en place son dauphin et c'est Fabrice Pecqueur, tous les deux sont proches philosophiquement et intellectuellement. Ce que je ne veux surtout pas c'est que Jean-Louis Bousacarain fasse aux valerguois le coup que je leur ai fait. Si Fabrice Pecqueur veut être maire qu'il aille au devant des électeurs, là on le voit trop venir.

Propos recueillis par Eloi Martinez

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